Fan de personne

Sur le papier, je peux me reconnaître dans une partie de la définition du mot « fan », proposée par le Larousse :

« Familier : Admirateur enthousiaste, passionné de quelqu’un, de quelque chose : les fans d’un chanteur »

Va pour l’enthousiasme, un enthousiasme qui va m’amener à écouter tout ce qu’à pu produire un artiste que je découvre avec bonheur (vive le streaming). Mais la passion, celle qui altère le discernement, celle qui pousse à toutes les extrémités : non.

A 15 ans, je colle dans mon agenda de lycéenne la photo d’Adam Ant.

Il fera trois rentrées scolaires, à la faveur de mes hormones adolescentes et du seul titre qui aura retenu mon intérêt : «Stand and Deliver».

A 16 ans, je décroche tous les posters du mur de ma chambre. Je déteste cette impression d’être regardée par tous ces visages. Il ne restera qu’une affichette A4 de Sylvester Stallone dans Rocky III, que j’embrasserai chaque soir et chaque matin pendant encore quelques années, amoureusement.

J’aime toujours Rocky, il a une place à part dans mon cœur. J’aime beaucoup Sylvester Stallone, mais je ne suis pas fan de Sylvester Stallone. Je n’ai pas vu tous ces films et je n’ai pas dépassé la première demi-heure du premier volet des Expendables. Je ne suis pas cliente du genre et la seule présence au générique de Sly ne va pas suffire à m’aveugler au point de supporter ce registre cinématographique.

Madonna, Mylène Farmer, Michael Jackson, Elvis, Johnny (pour ne citer qu’eux), leurs fans veulent tout : être de tous les concerts, avoir tous les albums, livres, articles de presse, posséder tout ce qui se vend comme pour les posséder un peu.

Les plus extrêmes les aiment jusqu’à nier leur mort ou les pleurent comme un membre de leur famille lorsqu’ils disparaissent, leur dédient des pièces entières de leurs maisons, comme des mausolées à la gloire d’un Dieu (en remerciant le Dieu Cetelem d’avoir participé à leur endettement). Certains se travestissent pour ressembler à leur idole, niant leur propre identité. D’autres se font tatouer le nom ou le portrait de leur chanteur préféré. Quelle foie aveugle en l’être humain ! Mieux vaut à mon avis rendre un hommage dermatologique avec les paroles d’une chanson…

J’aime certains titres au point de les écouter en boucle, encore et encore. J’aime une série au point de la regarder plusieurs fois par an, tous les ans (Buffy, ndlr). Pour autant, je n’aime pas tout de leurs interprètes ou de leurs auteurs.

Ce que j’aime, ce sont uniquement les émotions provoquées par les rencontres avec une mélodie, un texte, une histoire, des personnages. Il n’est pas question pour moi de dépenser des fortunes en babioles inutiles, même si je regrette mon mug Buffy qui a péri, explosé, dans le micro-ondes.

Pas question pour moi non plus, de faire le pied de grue devant un hôtel pour tenter d’apercevoir une mèche de cheveux coincée entre deux gardes du corps ! D’abord, je suis trop vieille pour ça, et qui plus est, je n’ai pas deux grammes de patience.

Je préfèrerais à tous ces excès une rencontre fortuite qui me laisserais le temps et la possibilité de remercier un artiste pour ce qu’il m’apporte, sans l’importuner…

Photo d’illustration de Yan Krukov provenant de Pexels – Photo d’Adam Ant : source inconnue.

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