On, ou l’abolition du je

C’est terminé. Elle ne dit plus « je ». Elle n’a plus d’avis, plus d’envie. Elle est l’autre, sa jumelle, sa siamoise, le reflet dans le miroir. Le couple aura eu raison de son individualité ; l’amour, de son cerveau.

Elle définit leur union comme « fusionnelle ». Jamais rien sans lui. Tout comme lui.

– Tu as aimé le dernier film de Lars Von Börg ?
– Non. ON s’est fait chier. ON a détesté.

A cet instant, je me demande quand elle a renoncé à elle pour n’être plus que ON. Un ON à la fois pathétique et effrayant.

La complicité n’est pas l’abolition du JE. C’est juste l’un des ingrédients de la recette d’un couple qui dure : avoir une vision commune de la vie, faire des projets ensemble, partager des loisirs, rire des mêmes choses, ou pas. Parce qu’il y a bien deux individus dans l’histoire, avec des goûts et des opinions qui diffèrent parfois, des divergences qui s’expriment : JE suis, JE pense, JE préfère, JE déteste, JE ne suis pas d’accord. Mais quoi qu’il arrive, JE t’aime !

Pourquoi s’effacer jusqu’à disparaître ? Et si l’amour s’en va, si l’autre s’en va, que reste t-il ? Une boîte mail aux deux noms et un mauvais film suédois qu’elle avouera enfin avoir aimé…

Image d’illustration par suju-foto de Pixabay

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