Au temps des discothèques

Un samedi soir sur la terre, une terre sous l’emprise d’un organisme vivant invisible à l’œil nu… Je ne cultive aucune nostalgie des années passées, mais en ces temps troublés, impossible de ne pas penser à mes années clubbing.

Les discothèques ont fermé leurs portes le 17 mars 2020. La crise sanitaire laisse depuis plus d’un an leurs exploitants dans l’incertitude et le désarroi, prive la jeunesse de lieux de festivités et de convivialité.

J’y suis sortie souvent, longtemps, quand d’autres élevaient déjà leurs premiers enfants. Elles étaient un refuge pour moi. Une en particulier : la Discothèque Les Templiers à Louviers (dans l’Eure). C’est un endroit à part, qui ne ressemble à aucun autre. Quand en 1995, la lourde porte d’entrée de cet ancien monastère se refermait sur moi, c’était le monde que je laissais derrière moi ; l’autre monde ; celui d’un quotidien que je venais oublier le temps d’une soirée.

Se défaire de quelques vêtements encombrants au vestiaire ; se délester de ses soucis, enivrée de chaleur, de décibels, et de Soho/pamplemousse. J’aimais pouvoir aller et venir entre ses trois espaces, avec une préférence pour les « Oubliettes », au sous-sol ; l’antre du hard rock, du heavy metal, des garçons chevelus et bien élevés avec lesquels je pouvais parler musique sans me faire sauter dessus. Je me souviens de l’odeur d’humidité sur les pierres du petit couloir, au printemps, quand le chauffage était coupé.

Danser, transpirer, laisser les vibrations émises par les enceintes posées sur la piste du « Miroir Magique » me parcourir la colonne vertébrale. Les soirs d’été, quand la fenêtre des toilettes était ouverte, on pouvait entendre un paon ! Il paraît que les slows ont disparu au fil du temps. Ils ont été l’occasion de jolis moments, parfois tendres, parfois plus coquins. Effleurer une main, gouter une peau salée, perdre la notion du temps dans un échange de baisers sans fin…

Je souhaite à la jeune génération de pouvoir retrouver très vite ces endroits et d’y vivre des instants dont ils se souviendront encore 25 ans plus tard.

Photo d’illustration de MART PRODUCTION provenant de Pexels

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Joli texte, félicitations.

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    1. Lydie Dee dit :

      Merci beaucoup !

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